Archive pour mars 2009

Où en sommes nous…?

Vendredi 27 mars 2009

 Dans beaucoup de familles, les enfants s’essaient au théâtre à temps perdu. Mettre en situation une princesse ou bien un héros, se confronter à des ennemis imaginaires, sous toutes leurs formes, dans des lieux inattendus parfois, se rêver autre ou autrement est bien naturel. Mes enfants ont fait de même et, pour ma part, j’ai toujours éprouvé un très grand plaisir à écouter ce qu’ils se racontaient, à suivre leur imaginaire débridé, libre de tabou mais non dépourvu de morale. 

Avec moi, au théâtre, sur la scène, les enfants peuvent tout dire, tout faire, à condition de le souhaiter, bien sûr, et de se l’autoriser. On y joue le meilleur et le pire. On y a l’occasion d’interpréter un texte, le leur si possible, d’essayer maintes façons de le faire jusqu’à ce que cela sonne juste… Le regard des autres y est essentiel, comme s’il était la condition première pour acquérir ou renforcer la confiance en soi.

Dès mes débuts dans cet apprentissage d’animation, d’écriture et de mise en scène auprès des jeunes, la musique s’est imposée. Des textes, aux chansons intercalées telles des parenthèses au tumulte ou au vide ; des points d’orgue pour montrer, au bout du compte, le trop doux ou le trop dur, tous deux pouvant susciter l’effroi… Je conçois la parole - et la musique - et la musique dans la parole, comme un remède pour que chacun puisse, au sein du groupe, puiser la force nécessaire pour assumer sa singulière trajectoire. Et si le miracle ne se produit pas sous nos yeux, je rassure autant que possible pour établir une relation de confiance, condition préalable à tout partage. À chacun son rythme… à chacun son chant. Au-delà de l’atelier théâtre, la vie continue. Se mettre au diapason n’est pas chose évidente…

Mais c’est bien dans le silence que se joue la force et le pouvoir. La liberté du jeu sur scène s’acquiert au prix d’un « savoir retenir la parole aussi » et la transposer en gestes, en regards, en déplacements…  Et accepter de prendre la parole, c’est aussi lâcher prise, jouer la carte de l’humilité, du risque. Il y a quelque chose d’indécent à s’exposer ainsi, et il faut beaucoup de respect de soi et des autres, l’un ne peut aller sans l’autre.

Depuis toujours, les jeunes ont été une source d’inspiration pour moi, et à leurs côtés, je me fais caisse de résonance. Nous ne sommes pas coupés du monde. Il existe, dans l’air du temps des indices d’espoir, comme un printemps qui s’impose par touches. Et même si c’était l’hiver ! En son sein, je retiens la graine endormie, précieuse, pour l’aider à se libérer en d’autres temps.

Je m’intéresse, dans ce travail d’observateur, d’accompagnateur bienveillant (en tout cas que je souhaite bienveillant), en particulier aux liens existants entre ce qui coule, se heurte ou résiste. Comment passer de ce qui est tu, à ce qui est dit ? De ce que tu dis, à ce que je comprends ? De ce que je comprends à ce que nous voulons nous chanter ? Un gouffre de cacophonies, de dissonances, d’incompréhensions s’ouvre forcément sous les pieds de celui qui a l’audace de revendiquer ce savoir. La vigilance est toujours, en tout temps, de mise. Certes, un savoir-faire peut sauver les apparences, mais tout en représentant beaucoup, il n’est parfois rien de plus qu’un pis-aller. Néanmoins, il permet d’aiguiser son attention, et nos jeunes en ont absolument besoin. Je mets mon savoir-faire à leur service, pour qu’ils puissent par eux-mêmes, détecter les abus ou l’ignorance. Comment les puissants de ce monde nous manipulent-ils ? Comment s’y prennent-ils pour nous convaincre et souvent nous tromper ? Sont-ils vraiment à notre écoute ?  Et même, dans le simple cadre intime, pourquoi dit-on parfois « non », alors qu’on voudrait tant dire « oui », ou l’inverse ? Comment ne pas être victime, mais acteur de sa propre vie ? Comment ne pas être bourreau, mais simplement roseau qui plie au vent ?

Bien que l’expérience de vie de chacun ne se partage pas, je m’efforce de développer ce « travail » citoyen d’auto-protection, d’équilibriste… Suspendue à l’écoute d’un rythme venant du fond des âges, qui nous appartient à tous, et auquel les pulsions de nos cœurs répondent en contrechants…

Entre savoir-faire et art. Le théâtre n’est qu’une perche parmi d’autres.

 

mars : les jonquilles et… thomas pitiot

Vendredi 6 mars 2009

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thomas pitiot